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Roger Waters – concert à Dublin – 26 juin 2018

museedurock@icloud.com Juin 27, 2018 0 Comments Posted in: Concerts, Disques cultes, Home

 

Rendez-vous mardi 26 juin à Dublin pour assister à un concert de Roger Waters

D0846FBE-4892-471D-83ED-73A11AFF42BARoger Waters: The Dark Side of the Floyd – le côté sombre du Pink Floyd

“Is this the life we really want?” (est-ce vraiment la vie que l’on veut?),  c’est sous ce titre interrogatif que Roger Waters sortait un nouvel album en juin 2017.  C’est donc avec un nouvel album à la trame « Orwellienne » faisant écho quarante ans après sa parution à « Animals » de Pink Floyd que la légende du rock prenait hier soir possession du 3Arena de Dublin pour son premier des deux concerts irlandais.  Nous n’avons pas pu résister au plaisir de prendre un vol RyanAir La Rochelle- Dublin pour retrouver l’auteur de l’essentiel de la discographie des Pink Floyd.

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Dès le début de ce show en quadriphonie, le spectateur est emporté par un premier voyage au cœur de Dark Side of the Moon. Dans un tourbillon d’images du cosmos, le groupe attaque d’entrée et avec une parfaite maîtrise « Speak toMe/Breathe » !

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Le message est clair, la soirée sera axée sur l’histoire de Pink Floyd. Impression confirmée après un « One of these days » brillant même si les puristes regretteront un peu le toucher de David Gilmour . Suit un « Time » porté par la basse de Waters.

Toutefois, le créateur de  » The Wall » n’est pas parti en tournée pour nous proposer un simple best of, mais plutôt une mise en abîme de son travail depuis 50 ans. Lorsque le groupe commence à jouer  » Welcome to the Machine » en lui donnant une dimension angoissante, renforcée d’ailleurs par des dessins d’époque qui défilent sur écran géant, on sent que l’artiste va pendant les deux heures qui vont suivre, nous faire explorer la face la plus sombre, la plus politique  non seulement de Pink Floyd mais aussi de son œuvre en solo.

 

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Élaboré comme un discours, la tension monte progressivement au fil du concert. Les titres « Picture That » et « Déjà Vu » tirés du dernier album résonnent comme des mises en garde sur l’urgence de se trouver une nouvelle forme de solidarité planétaire.  Vidéo de drones belliqueux, de réfugiés aux abois, de politiciens narcissiques, sont là pour souligner les propos de l’artiste. Le spectateur assiste à un déferlement d’images qui sont projetées pour le secouer, le faire réagir.

 

Quand le premier acte du concert se referme sur  » Another Brick in the Wall part 3 « , on a le sentiment que Waters a touché quelque chose de profond en nous. On sort de cette première partie avec la sensation d’avoir été un peu déstabilisé.

 

Si le premier acte est magistral, le second l’est encore plus ! Alors que la scène est inondée par un décor reprenant la centrale de Batersee Park à Londres de la pochette d’ « Animals  » ,  » Dogs  » et  » Pigs « , titres inspirés par la  » ferme des animaux  » d’Orwell,  explosent à la face du public.

 

Sur ces morceaux, on ne peut que vibrer sur le jeu de guitare du californien Jonathan Wilson dont on avait pu apprécier le style sur ses albums personnels. Dans un apocalyptique magma de quadriphonie, de cochon géant piloté par des drones  survolant la foule et de slogan à l’encontre de Donald Tramp, le moment est unique en son genre. Le final sera moins politique, même si tout le monde a encore en tête l’idée de résistance.

On fait  un dernier détour par Dark Side of the Moon sur fond d’éclairage laser futuriste et 2 chansons en mode plus acoustique de The Wall (Mother et Confortably Numb).

Roger Waters a clairement  construit avec ses complices Gilmour, Mason, les regrettés Rick Wright et Syd Barett une œuvre intemporelle qui bien au-delà de l’aspect musical est un manifeste à la réflexion sur notre monde en mouvement.

Capture d’écran 2018-05-18 à 09.27.34les produits dérivés en vente au concert

Roger Waters critique et dénigre violemment la société de consommation mais n’oublie pas de proposer à ses fans une superbe boutique de produits dérivés durant ses concerts.

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Le vécu d’Anne Ménard

Quand Roger Waters joue à fond la carte du sensationnel et de l’émotionnel cela donne un moment fort qui nous imprègne de façon résiliante les heures,  les jours qui suivent.

Je veux, étonnamment pour un concert, évoquer en premier lieu les visuels
Un travail à couper le souffle. En fond de scène,  non stop tout au long du concert, une vidéo dispensant images aux messages chocs, décors en trompe l’oeil, scènes à l’esthétisme parfait.
Cela n’est que le fond du décor. Viendront s’intégrer une pyramide géante embrassant la scène et le public, sublimée par un jeu hallucinant  (hallucinatoire? ) de lasers , le tant attendu cochon volant (de la pochette d’Animals), ainsi qu’un ballon géant habilement télécommandés par drones au-dessus et tout près des spectateurs.
Une explosion de visuels savamment travaillés pour nous scotcher à nos fauteuils.
…mais nous sommes là avant tout pour le concert Rogers Waters / Pink Floyd
Des musiciens au sommet de leur art, nous faisant revivre ce qui nous fait tant vibrer des grandes heures des Pink Floyd
Roger Waters s est révélé talentueux sur les interprétations de ses oeuvres.
Deux choristes sublimes dont l’accord complice magnifiait les envolées, à nous donner la chair de poule.
Des moments de grâce et de fraicheur sur la prestation chorégraphique des enfants pour un soir, dublinois de fait, sur… the wall.
Une performance sur tous les plans.
Quant à Roger Waters, il fait tomber les a priori que nous avons constuits le rendant peu fréquentable, aux élans fascistes et a l’égo démesuré dévastateur.
Il aura été pour ce soir un extraordinaire faiseur de show accordant  l’honneur et la place à ses talentueux musiciens et aux équipes techniques, dispensant un discours politique fort mais néanmoins consensuel (il faut le reconnaître très simpliste) « trump is a pig » et les  » Le Pen font partie des infréquentables de ce monde  » tout ceci n’est pas d’un engagement très opposable.
Alors oui c’était une soirée extraordinaire